Exploration de la guérison des ruines dans un hammam turc du XIVe siècle

Exploration de la guérison des ruines dans un hammam turc du XIVe siècle

Cinili Hamam : un trésor perdu retrouvé à Istanbul

Sur une colline proche du cœur du ⁢quartier Zeyrek d’Istanbul, classé au patrimoine ⁤mondial de ‍l’UNESCO, se trouve le Cinili Hamam, un bain turc vieux⁤ de 500 ans dont l’histoire remonte ​à l’apogée de l’Empire ottoman et à l’époque de son légendaire commandant naval, Hayreddin Barbarossa. Commandé par le grand amiral et construit par le célèbre architecte Mimar Sinan vers 1530, le ‍ »Bain Carrelé » était‍ un⁢ sommet de splendeur architecturale⁣ et ‌de sophistication dans la ville, célèbre pour ses carreaux d’Iznik bleus et blancs distinctifs.

Les siècles qui⁤ ont suivi n’ont pas⁢ été tendres avec cette merveille oubliée. Alors que l’Empire ottoman cédait la place à la Turquie de plus ​en plus occidentalisée⁣ des XVIIIe et​ XIXe siècles, les sensibilités se sont éloignées des traditions plus anciennes, telles⁣ que les hammams, ‍ce qui a conduit beaucoup, dont ⁢le Cinili Hamam, à tomber en ruine. Bon nombre de ses installations, y ‍compris ses⁤ carreaux éponymes, ont été arrachées pour être vendues à des musées internationaux ⁣et à des collectionneurs privés, ne ⁤laissant qu’une coquille ⁢vide.

Maintenant, ​après un long et ambitieux effort de restauration de 13 ans, ce trésor perdu a été revitalisé grâce aux ‌efforts du groupe Marmara et est à nouveau un lieu de purification et de détente, mais aussi un lieu qui reflète ‍une grande partie de l’histoire cachée de​ la ‌Turquie.‌ Ce qui était à l’origine destiné à être simplement un autre bain de luxe a évolué de manière significative, en embrassant la scène artistique turque en pleine expansion en tant ⁤que nouveau lieu d’art, comprenant‌ un musée⁤ sur place meublé d’objets découverts lors des travaux de‌ reconstruction.

Pour marquer ⁢la‍ fin des ‌travaux‌ de restauration, le groupe Marmara ⁤et la conservatrice Anlam de Coster ont créé une exposition d’art spéciale et unique, hébergée dans ‍les espaces de baignade du complexe. Intitulée ‍ »Healing Ruins », elle présente des œuvres de 22 artistes locaux et internationaux autour ⁤des thèmes de ‍la transformation personnelle et sociale. ⁣La phrase « healing ruins » porte‌ plusieurs ⁤significations, suggérant que la purification, la‌ création et la réparation ne peuvent‌ être réalisées ‌que par un processus difficile, tout ⁢comme les rituels de purification du hammam. Non seulement ces ruines se guérissent ‍elles-mêmes, mais l’acte de ⁢reconstruction -⁣ ici⁣ et ailleurs ⁢- peut avoir un effet transformateur⁤ sur ceux qui entreprennent la tâche.

Pour de Coster, il suffisait d’entrer dans le hammam pour déclencher une libération⁢ des sens, permettant à chacun de fusionner avec l’autre. « Tous⁢ ces éléments – le feu, la terre, l’air et l’eau – ‌existent dans ce sanctuaire. Nous pensons d’abord que l’eau doit être l’élément essentiel⁣ – pour la purification et le nettoyage – mais sans‌ le feu, les hammams ne peuvent‍ pas ‌exister. Le feu peut être destructeur, mais on peut ‍aussi construire des choses avec le feu. »

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