La Chine donne un ultimatum aux manifestants qui ont bloqué la démolition d’une mosquée ancienne
La mosquée a récemment agrandi ses minarets et le toit du dôme, mais un tribunal a jugé ces ajouts illégaux. Les autorités ont déployé des centaines de policiers et ont procédé à des arrestations dans la ville majoritairement musulmane de Nagu après des affrontements qui ont éclaté le week-end dernier au sujet de la destruction prévue de la mosquée Najiaying datant du XIIIe siècle. Les responsables de Nagu ont récemment poursuivi leurs plans de démolition de quatre minarets et du toit du dôme, malgré le jugement du tribunal.
La province du Yunnan abrite une importante enclave de Hui, un groupe ethnique principalement musulman qui est sous pression dans le cadre d’une répression plus large. Le président Xi Jinping a ordonné au Parti communiste de « siniser » les minorités ethniques et religieuses du pays.
Samedi, des dizaines d’agents armés de matraques et de boucliers anti-émeutes ont repoussé une foule devant la mosquée qui leur lançait des objets, selon des vidéos circulant sur les réseaux sociaux et un témoin. La police a procédé à un nombre non spécifié d’arrestations et plusieurs centaines d’agents sont restés dans la ville jusqu’à lundi.
La Chine a cherché à contrôler étroitement la religion depuis l’arrivée au pouvoir du président Xi il y a une décennie, et dans sa répression des musulmans, Pékin prétend lutter contre « le terrorisme et la pensée extrémiste ». Environ un million d’Ouïghours, de Hui et d’autres minorités musulmanes ont été détenus dans la région occidentale du Xinjiang depuis 2017 dans le cadre d’une campagne gouvernementale de « rééducation ».
Bien que l’effet sur les communautés en dehors du Xinjiang ait été plus léger, de nombreuses mosquées ont été démolies ou « rénovées de manière coercitive » pour correspondre aux notions officielles d’esthétique chinoise.
Les manifestants ont jusqu’au 6 juin pour se rendre et avouer leurs crimes, sinon ils seront sévèrement punis.




