Brésil : enquête sur une campagne de désinformation menée par des entreprises technologiques
Le vendredi 26 mars, la Cour suprême brésilienne a ordonné une enquête sur les dirigeants de Telegram et de Google, responsables d’une campagne de critique contre un projet de loi sur la réglementation d’Internet. Cette décision fait suite à une demande du président de la Chambre des députés, Arthur Lira, après que les entreprises technologiques ont mené une campagne contre le projet de loi sur leurs plateformes. Les publications ont ensuite été supprimées sur ordre de la Cour suprême. Le juge Alexandre de Moraes a donné à la police fédérale 60 jours pour mener l’enquête et a ordonné aux autorités d’identifier et d’entendre tous les responsables des entreprises pour leur « campagne abusive » contre le projet de loi.
Le projet de loi mettrait la responsabilité de trouver et de signaler les contenus illégaux sur les entreprises Internet, les moteurs de recherche et les services de messagerie sociale, plutôt que de laisser cette tâche aux tribunaux, et imposerait des amendes importantes en cas de non-respect. Dans sa demande, Lira a déclaré que les entreprises technologiques ont utilisé « toutes sortes de stratagèmes dans une campagne sordide de désinformation, de manipulation et d’intimidation, profitant de leur position hégémonique sur le marché ».
Google a refusé de commenter l’affaire, tandis que Telegram n’a pas répondu à une demande de commentaire.
Cette enquête souligne les tensions croissantes entre les entreprises technologiques et les gouvernements qui cherchent à réglementer leur activité. Les entreprises technologiques ont souvent été accusées de ne pas faire assez pour lutter contre les contenus illégaux sur leurs plateformes, tandis que les gouvernements cherchent à renforcer leur contrôle sur Internet.
Le Brésil est le deuxième plus grand marché de Facebook, WhatsApp et Instagram, et les entreprises technologiques ont une influence considérable sur la vie politique et sociale du pays. Cette enquête pourrait avoir des répercussions sur la façon dont les entreprises technologiques opèrent au Brésil et sur leur capacité à influencer les politiques publiques.




