Il semble que chaque semaine apporte son lot de rapports prédisant la disparition ou la transformation radicale de millions d’emplois à la suite de l’intelligence artificielle. Et ce spectre pousse les jeunes générations à reconsidérer leurs projets de carrière. Ils se tournent de plus en plus vers des emplois qui nécessitent des compétences techniques, afin d’augmenter leurs chances d’éviter d’être remplacés par des machines.
La plateforme américaine de services à domicile, Thumbtack, a interrogé 1 000 Américains âgés de 18 à 30 ans sur leur opinion des métiers spécialisés. Elle a constaté un réel intérêt pour ces professions, qui nécessitent une maîtrise de connaissances complexes. Près d’un répondant sur deux (47%) envisagerait une carrière dans ce domaine.
Et il y a de bonnes raisons à cela, les professions techniques offrent certains avantages qui sont particulièrement attrayants pour les jeunes générations. La flexibilité en est l’un d’entre eux. Plus de 80% des personnes interrogées âgées de 18 à 30 ans sont intéressées par ces professions en raison des horaires de travail flexibles qu’elles offrent.
En effet, des études récentes sur les attentes des jeunes en matière d’emploi démontrent que la flexibilité est un critère important pour attirer – et surtout, fidéliser – des employés talentueux qui ne semblent pas particulièrement intéressés par la culture d’entreprise.
La durée de formation plus courte et le coût moins élevé des cours nécessaires pour accéder aux professions techniques font également partie des qualités attractives les plus citées par les moins de 30 ans, tout comme l’intégration professionnelle rapide des jeunes diplômés. La dimension entrepreneuriale de ces professions attire également plus de huit répondants sur dix.
Ce n’est guère surprenant, étant donné que 45% des membres de la génération Z déclarent être « très » ou « extrêmement » enclins à créer leur propre entreprise à un moment donné de leur vie, selon le rapport 2021 de Ernst & Young LLP sur la segmentation de la génération Z.
Y a-t-il des professions immunisées contre l’IA ?
De plus, 74% des personnes âgées de 18 à 30 ans estiment que les métiers spécialisés sont moins susceptibles que d’autres professions d’être effectués par des machines ou des logiciels à l’avenir, comme le souligne le magazine Fast Company, qui a eu accès à l’intégralité de l’enquête de Thumbtack.
Un point sur lequel les experts sont divisés. En effet, le potentiel d’automatisation d’un emploi est souvent déterminé en fonction de divers facteurs tels que la créativité et la dextérité manuelle qu’il exige, ou sa nature routinière. Mais cette approche est imparfaite, comme l’a expliqué l’économiste Gregory Verdugo au Journal du CNRS en 2018.
« En 2004, Frank Levy et Richard Murnane, deux économistes de Harvard, ont classé la conduite parmi les activités qui échapperaient aux révolutions technologiques car elle nécessite de s’adapter à des situations imprévues. Six ans après la publication de leur livre, les voitures Google sillonnaient les routes californiennes », a-t-il déclaré à l’époque.
Mais que pensent les personnes exerçant des professions techniques ? Sont-elles aussi optimistes que les moins de 30 ans quant à leur remplacement prochain par des robots ou des logiciels d’intelligence artificielle ? En réalité, elles le sont encore plus.
Presque tous les professionnels de l’industrie estiment qu’ils ne seront pas remplacés par les nouvelles technologies (95%), selon une enquête menée par Thumbtack auprès de 800 d’entre eux.




