Le secteur de la santé en lutte pour réduire les émissions face à l’urgence climatique

Le secteur de la santé en lutte pour réduire les émissions face à l’urgence climatique

Réduire l’impact environnemental du secteur de la santé

Le secteur de la santé cherche à réduire son impact environnemental. Il représente environ 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit l’équivalent des émissions annuelles de la France, de l’Allemagne et du Brésil réunis. Le personnel médical et l’industrie de la santé s’engagent progressivement à réduire la contribution du secteur au réchauffement climatique, mais la tâche reste immense. L’équipe de Down to Earth examine de plus près cette question.

Bien que le concept de santé environnementale soit largement reconnu, l’empreinte carbone des soins de santé n’est pas toujours évidente pour le grand public. Pourtant, ce secteur représente 8% des émissions annuelles de CO2 en France, selon les derniers calculs du think tank The Shift Project. La moitié de ces émissions proviennent de deux secteurs : les dispositifs médicaux et l’industrie pharmaceutique. Cependant, les infirmières à domicile accumulent souvent des piles d’aiguilles, de pansements et de médicaments inutilisés chez leurs patients en raison de prescriptions et de livraisons déraisonnables. « Nous réalisons qu’il y a un coût phénoménal en termes de déchets et d’environnement », explique Muriel Boutet, infirmière en pratique privée basée dans la région parisienne.

Dans les salles d’opération, des efforts sont déployés pour réduire l’empreinte environnementale de la chirurgie. « Une seule opération génère plus de déchets qu’une famille de quatre personnes en une semaine », explique le Dr Sonia Delaporte-Cerceau, responsable de l’unité de chirurgie ambulatoire à l’hôpital pédiatrique Armand-Trousseau AP-HP. En plus de mettre en place un système de tri et de stérilisation pour réutiliser les instruments chirurgicaux, son service utilise désormais des gaz anesthésiques moins polluants. Il s’agit d’une avancée significative, car certains gaz halogénés ont un potentiel de réchauffement climatique environ 2 500 fois supérieur à celui du CO2.

De plus en plus d’hôpitaux envoient leurs déchets médicaux potentiellement infectieux au recyclage. Dans son entrepôt en périphérie de Lille, l’entreprise Cosmolys désinfecte les déchets médicaux et en sépare les différents composants avant de les envoyer aux fabricants d’emballages. Cette transition vers l’économie circulaire témoigne d’une volonté d’agir, qui doit être soutenue par des mesures ambitieuses, telles que la rénovation thermique des hôpitaux et la relocalisation de la production pharmaceutique, si la France veut atteindre son objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur de la santé de 5% par an jusqu’en 2050.

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