Le retour de la Syrie dans la Ligue arabe : une nouvelle ère pour le pays ?
La guerre en Syrie semble être un lointain souvenir. Douze ans se sont écoulés depuis le début de l’insurrection contre la dictature de Bashar al-Assad, qui a entraîné plusieurs années de combats sanglants et, en 2018, une victoire pour Assad et ses alliés contre la rébellion. Est-il temps de passer à autre chose ?
La Ligue arabe le pense. Début mai, le groupe a accepté de réintégrer le régime d’Assad après des années d’ostracisme, et le dictateur a été reçu en Arabie saoudite avec tous les honneurs. Après tout, il est toujours au pouvoir et les rebelles ont clairement été vaincus – et de nombreux pays arabes aimeraient enfin se débarrasser des réfugiés syriens qu’ils accueillent et ralentir l’afflux de captagon provenant de Syrie, la drogue avec laquelle le régime d’Assad se finance. Ils aimeraient également limiter l’influence de l’Iran dans la région.
Assad a démontré qu’il préférait accepter la destruction et la fragmentation de la Syrie plutôt que de renoncer au pouvoir. Toute réforme, toute concession à la majorité, tout pas dans la direction de la démocratie, aussi petit soit-il, était considéré par le dictateur comme un risque inacceptable.
Mais la guerre n’est pas terminée. Le temps n’a pas encore guéri la douleur, la peur et la colère face aux centaines de milliers de morts, au déplacement de plusieurs millions de personnes. La Syrie est fragmentée, la situation économique est désastreuse et beaucoup de ceux qui ont fui n’ont aucun intérêt à revenir ou sont dans l’incapacité de le faire. Beaucoup seraient immédiatement arrêtés à leur arrivée dans le pays.
La victoire de facto d’Assad il y a près de cinq ans n’a pas conduit à un apaisement des tensions et il n’y a eu aucune réconciliation, même pas graduelle. Ceux qui ont fui sont bloqués là où ils sont : en sécurité en Europe, confrontés à l’incertitude au Liban ou survivant précairement dans des parties de la Syrie qui ne sont pas sous le contrôle d’Assad. Dans les endroits où les rebelles ont pu trouver un partenaire étranger, ils ont pu tenir tête aux troupes d’Assad, aux milices iraniennes et aux avions de guerre russes. Dans la région nord-ouest d’Idlib, par exemple.
Le retour de la Syrie dans la Ligue arabe pourrait-il marquer le début d’une nouvelle ère pour le pays ? Seul l’avenir nous le dira.




