La France adopte une loi pour protéger les agriculteurs contre les poursuites « abusives » des anciens citadins.

La France adopte une loi pour protéger les agriculteurs contre les poursuites “abusives” des anciens citadins.

Le parlement français a adopté une loi visant à protéger les agriculteurs des plaintes de leurs voisins concernant le bruit ou les odeurs liés à leurs activités agricoles, afin de mettre fin aux poursuites « abusives » de citadins ayant acheté des maisons à la campagne. Cette loi, proposée par la députée de la majorité Nicole Le Peih et soutenue par le gouvernement centriste du président Emmanuel Macron, a été approuvée par 78 voix contre 12 dans la nuit de lundi et sera maintenant soumise au Sénat.

« Cette loi mettra fin aux poursuites abusives contre les agriculteurs qui ne font que leur travail : nous nourrir. C’est une proposition de bon sens, du bon sens de la campagne », a déclaré le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti sur la plateforme de médias sociaux X.

La France a depuis longtemps courtisé les agriculteurs, un secteur influent que Paris ne peut ignorer sans danger. Le pays a connu des conflits entre les anciens citadins qui achètent des maisons à la campagne et se plaignent ensuite du chant du coq, des aboiements de chiens, du bruit des machines agricoles ou de l’odeur du fumier.

BFM TV a rapporté que près de 500 agriculteurs sont actuellement confrontés à des poursuites de la part de voisins qui se plaignent du bruit ou des odeurs provenant de leurs exploitations. En 2019, dans une affaire qui a attiré l’attention des médias internationaux, un tribunal a statué qu’un coq appelé Maurice pouvait continuer à chanter à l’aube malgré les plaintes des voisins dans un village d’une petite île au large de la côte atlantique française.

La France dispose déjà d’une législation, introduite en 2021, pour protéger « le patrimoine sensoriel de la campagne française », mais la nouvelle loi vise à offrir une meilleure protection aux exploitations existantes contre les résidents nouvellement arrivés dans la région.

« Je suis fier de soutenir ceux qui travaillent dans nos champs. Maintenant, direction le Sénat », a déclaré Luc Smessaert, vice-président du syndicat agricole FNSEA, sur X.

Claire Desmares, écologiste de la région de Bretagne, a déclaré à la radio locale France Bleu que la loi proposée est une mesure « absurde et populiste » proposée par le puissant lobby agricole.

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