La France peut poursuivre les auteurs de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis à l’étranger
La plus haute cour de France a statué que le pays pouvait juger des suspects étrangers en vertu du principe de compétence universelle, autorisant des enquêtes sur deux Syriens accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. « La cour reconnaît le principe de compétence universelle pour la justice française dans deux affaires concernant la Syrie », a déclaré la Cour de cassation dans un communiqué. La décision permet de poursuivre les enquêtes dans les affaires contre l’ancien soldat syrien Abdulhamid Chaban, accusé de complicité de crimes contre l’humanité, et Majdi Nema, ancien porte-parole du groupe islamiste Jaysh al-Islam, accusé de torture et de crimes de guerre.
Les suspects avaient tenté de faire valoir qu’ils ne devraient pas être accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité liés à la guerre civile syrienne car ces crimes n’existent pas dans les lois de leur pays. La Syrie n’a jamais ratifié le Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour pénale internationale qui définit ces deux crimes.
Une décision significative pour les affaires de crimes contre l’humanité en France
La décision de vendredi est importante pour les 160 affaires qui ont été déposées auprès d’un département de la cour de Paris traitant des crimes contre l’humanité, couvrant 30 zones géographiques, y compris la Russie et l’Ukraine. En avril, des magistrats français ont ordonné à trois hauts responsables du régime syrien de complicité de crimes contre l’humanité dans le cadre de la mort de deux Franco-Syriens, mais cela reposait sur une loi distincte non liée à la compétence universelle.
D’autres pays européens ont cependant utilisé le principe pour juger et condamner des présumés criminels de guerre syriens. L’Allemagne a condamné l’année dernière un ancien colonel syrien pour crimes contre l’humanité et l’a condamné à la prison à vie dans le premier procès mondial sur la torture parrainée par l’État dans les prisons syriennes. L’Autriche et la Suède ont également condamné des Syriens pour des crimes commis pendant la guerre civile.
Le conflit syrien a fait des centaines de milliers de morts et de déplacés
Le conflit syrien a tué près d’un demi-million de personnes depuis son déclenchement en 2011 avec une répression brutale des manifestations anti-gouvernementales. Il a également contraint environ la moitié de la population d’avant-guerre à quitter leur foyer, dont beaucoup ont demandé l’asile en Europe. Cette décision de la Cour de cassation française pourrait ouvrir la voie à des poursuites contre d’autres auteurs de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis à l’étranger.
Conclusion
La France a désormais la possibilité de poursuivre les auteurs de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis à l’étranger en vertu du principe de compétence universelle. Cette décision de la Cour de cassation française est significative pour les affaires de crimes contre l’humanité en France et pourrait ouvrir la voie à des poursuites contre d’autres auteurs de crimes de guerre commis à l’étranger. Le conflit syrien a fait des centaines de milliers de morts et de déplacés, et cette décision pourrait aider à rendre justice aux victimes de ces crimes.




