Une entreprise chinoise exporte illégalement du bois de valeur de la République démocratique du Congo (RDC) vers la Chine, malgré l’engagement de Pékin à lutter contre la déforestation mondiale, selon Global Witness. L’ONG a utilisé des images satellites pour montrer que la société chinoise Congo King Baisheng Forestry Development, dont les concessions de coupe ont été suspendues par le ministère de l’Environnement du pays en avril 2022, continuait à exploiter illégalement des arbres rares dans la forêt tropicale. Entre juin et décembre 2022, l’entreprise a exporté plus de 5 millions de dollars de bois illégal de la RDC vers la Chine, expédié via le port de Zhangjiagang, près de Shanghai. Global Witness a suivi les mouvements d’expédition de la RDC vers la Chine et les a comparés aux données des douanes chinoises.
Le rapport de l’organisation internationale met en évidence les problèmes de gouvernance auxquels est confrontée l’industrie forestière de la RDC, notamment « la corruption, l’exploitation forestière illégale et les conflits avec les communautés forestières ». Lorsqu’une commission de ministres de la RDC a visité 52 concessions de coupe cette année, moins d’un quart d’entre elles ont été jugées conformes aux normes légales. Le bassin du Congo abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie, jouant un rôle vital dans la régulation du climat de la Terre, selon le rapport.
Charlie Hammans, enquêteur sur les forêts chez Global Witness, a déclaré : « En tant que l’un des plus grands consommateurs de bois au niveau mondial, la Chine peut être un acteur clé de la solution à la déforestation mondiale, et les autorités chinoises doivent sévir contre les entreprises qui exploitent les précieuses forêts de la RDC pour leur profit ». L’ONG a noté que malgré les promesses de Pékin « d’appliquer ses lois pour lutter contre la déforestation illégale mondiale, le rapport montre que la Chine n’interdit toujours pas les importations de bois illégal en pratique », ce qui limite sa capacité à faire respecter ses engagements internationaux.
Global Witness n’a pas reçu de réponse de la part de Wan Peng International ou du gouvernement de la RDC lorsqu’elle a sollicité des commentaires. Le rapport a été publié à la veille du « Sommet des Trois Bassins » à Brazzaville, capitale du Congo voisin. La réunion couvre l’Amazonie, le Congo et le bassin du Mékong-Bornéo en Asie du Sud-Est du 26 au 28 octobre dans le but de préserver et de restaurer les poumons écologiques du monde.




