Manille a frappé fort. Le général retraité Romeo Poquiz, 67 ans,a été arrêté lundi à l’aéroport international de Manille à son retour d’un séjour en Thaïlande. Motif : un mandat d’arrêt pour sédition délivré le 5 décembre, suite à ses appels publics à l’armée pour qu’elle retire son soutien au président Ferdinand Marcos Jr.
Poquiz, ancien chef de l’armée de l’air philippine, n’a pas mâché ses mots ces derniers mois. Alors que le pays est secoué par un gigantesque scandale de corruption lié à des projets de contrôle des inondations, il a publiquement exhorté les forces armées à « se désolidariser » du chef de l’État. Une injonction perçue comme une incitation à la rébellion.
Le ministre de l’Intérieur Jonvic Remulla a confirmé l’arrestation, précisant que Poquiz a été intercepté dès son arrivée. Le chef de la police par intérim, Jose Nartatez, a indiqué que l’ordre de détention était fondé sur les déclarations du retraité, jugées séditieuses.
Poquiz a confirmé son arrestation sur Facebook, affirmant être conduit au quartier général de la police à Camp Crame. Son avocat, Ferdinand topacio, a dénoncé une « criminalisation de la parole » : « Ce ne sont pas des appels directs à la sédition, mais une discussion sur les conséquences de la corruption. »
L’armée, quant à elle, reste ferme. Le général Romeo Brawner, chef des forces armées, a assuré en octobre que le « staff opérationnel » avait rejeté les doléances des officiers retraités, affirmant que l’institution restait « solide » dans son appui à la Constitution.
marcos, visé par une vague de révélations sur des contrats truqués qui auraient coûté des milliards aux contribuables, n’a pas commenté l’arrestation lors de la signature du nouveau budget lundi. Un silence qui en dit long sur la tension politique qui monte.




