La Malaisie, criblée de 39,6 milliards de ringgits (8,5 milliards d’euros) à cause du scandale 1MDB, serre les dents. Le gouvernement d’Anwar Ibrahim veut récupérer 7 milliards de dollars auprès des banques et cabinets qui ont facilité le pillage. Objectif : éviter que les contribuables paient la note.
Le fonds souverain 1MDB, lancé en 2009 sous Najib Razak, a emprunté à tour de bras, avec le garde-fou de l’État. Résultat : un gouffre. Depuis 2018, Kuala Lumpur a déboursé 42 milliards de ringgits pour rembourser intérêts et capital. Il reste encore 13 milliards à solder. les recettes de recouvrement (25,6 milliards) ne couvrent que 65 % du passif.
Exit la dépendance aux poursuites américaines. Place à des actions ciblées. La task force menée par le ministre Johari abdul Ghani attaque Deutsche bank, Standard Chartered, Julius Baer, BSI Bank et Amicorp, pour un total de 5,2 milliards de dollars.Un accord se dessine avec julius Baer à Hong Kong ; le procès contre Deutsche Bank s’ouvre bientôt à Kuala Lumpur.
Les négociations avec Goldman Sachs, auteur des emprunts 1MDB, restent en suspens : 1,4 milliard de dollars de la transaction de 3,9 milliards sont bloqués dans un arbitrage à Londres. L’accord précédent, jugé trop clément, rappelle les compromis du passé.
Cette chasse aux actifs n’est pas qu’une affaire de trésorerie. C’est un message politique : le pillage de l’État a un prix, et l’impunité doit cesser. Le verdict contre Najib (15 ans de prison) clôt la phase pénale, mais la bataille civile continue. Enjeu : la crédibilité d’un pays qui peine à tourner la page de la corruption.




