Les réseaux de cyber-escroquerie en Asie du Sud-Est continuent de prospérer malgré les efforts des autorités chinoises et régionales pour les démanteler. Zhang Hongliang, un ancien directeur de restaurant en Chine, a été entraîné dans une escroquerie en ligne au Myanmar, où il était chargé de convaincre des Chinois d’investir dans de faux projets via les réseaux sociaux. Zhang fait partie des milliers de personnes, principalement chinoises, piégées par ces réseaux criminels chinois puissants. Bien que des milliers de personnes aient été arrêtées, les experts affirment que les autorités ne parviennent pas à éradiquer les élites locales et les réseaux criminels qui continuent de faire fonctionner ces escroqueries. Cette situation est embarrassante pour Pékin et dissuade les Chinois ordinaires de se rendre en Asie du Sud-Est par peur d’être dupés ou kidnappés.
Les médias ont révélé ces dernières années des cas de jeunes attirés au Cambodge ou au Myanmar par des emplois bien rémunérés, pour finalement être forcés de travailler comme escrocs. Les organisations de secours rapportent que ces personnes sont régulièrement battues ou subissent des punitions physiques si elles ne se comportent pas bien. La Chine, la Thaïlande, le Laos et le Myanmar ont récemment convenu de mettre en place un centre d’opérations conjointes pour lutter contre les cyber-escroqueries dans la région. Cependant, les experts s’interrogent sur le traitement réservé aux suspects une fois de retour en Chine, car la plupart d’entre eux sont en réalité des victimes forcées de travailler pour les criminels.
Ces escroqueries sont souvent dirigées par des chefs chinois en collaboration avec des élites locales, dans des pays où la Chine a financé d’importants projets de construction dans le cadre de l’Initiative Belt and Road du président Xi Jinping. Les régions frontalières du Myanmar sont depuis longtemps un refuge pour les criminels en raison de l’application laxiste de la loi. Ces endroits sont généralement sous le contrôle de groupes armés de minorités ethniques, qui s’opposent ou collaborent avec le gouvernement central du Myanmar et coopèrent également avec des gangs du crime organisé. La présence de ces criminels chinois en Asie du Sud-Est est une source d’embarras pour le gouvernement chinois.




