Le dirigeant sortant cambodgien, Hun Sen, a dévoilé jeudi (10 août) le nouveau gouvernement du pays, dirigé par son fils aîné et comprenant son plus jeune fils et son neveu à des postes de haut niveau. Le Parti du peuple cambodgien (CPP) de Hun Sen a remporté tous les sièges, sauf cinq, sur 125 à la Chambre basse lors des élections de juillet, largement décriées comme une mascarade après l’interdiction du principal parti d’opposition. Quelques jours après cette victoire écrasante, Hun Sen, l’un des dirigeants les plus anciens du monde, a annoncé qu’il se retirait et transmettait le pouvoir à son fils aîné, Hun Manet, après près de quatre décennies de règne. Le roi cambodgien a nommé lundi le général quatre étoiles Hun Manet, âgé de 45 ans, nouveau dirigeant du pays, scellant ainsi le transfert dynastique du pouvoir. Hun Sen a publié des photos sur sa chaîne Telegram montrant une réunion jeudi des ministres sortants et nouveaux membres du gouvernement, dont une montrant Hun Manet entouré d’une trentaine de nouveaux membres du cabinet. Hun Manet a ensuite reposté les photos de groupe, déclarant à ses partisans que le facteur le plus important pour la domination électorale continue du CPP était la « solidarité et l’unité interne du parti ». Le plus jeune fils de Hun Sen, Hun Many, sera ministre de la fonction publique, tandis que les fils des ministres de l’intérieur et de la défense reprendront les postes de leurs pères, selon une liste provisoire des nouveaux membres du cabinet consultée par l’AFP. Le neveu du Premier ministre sortant, Neth Savoeun, actuellement chef de la police nationale, sera vice-Premier ministre. L’ancien cadre des Khmers rouges, Hun Sen, au pouvoir depuis 1985, a rejeté les condamnations internationales selon lesquelles les élections du mois dernier étaient injustes, affirmant que le transfert de pouvoir avait été effectué pour éviter « un bain de sang » en cas de décès en fonction. Les groupes de défense des droits l’accusent d’utiliser le système judiciaire pour écraser toute opposition à son régime, emprisonnant des dizaines de militants. Après avoir quitté ses fonctions, Hun Sen deviendra président du Sénat début de l’année prochaine et chef de l’État par intérim lorsque le roi sera à l’étranger. Il a déclaré qu’il continuerait à occuper d’autres postes au moins jusqu’en 2033.



