Dans les couloirs clinquants des grandes compétitions, les agents agréés par la FIFA croisent une faune discrète mais bien réelle : les intermédiaires sans license, ces « bznassia » qui opèrent dans l’ombre. Pour eux, chaque CAN, chaque mondial est une foire aux talents. Certains paient leur billet, d’autres sont sponsorisés par des intérêts opaques. Leur mission ? Transformer un espoir en marchandise, vite et cher.
On entend parler de « scouts » européens venus chiner des pépites africaines. Rien de neuf : cela dure depuis trente ans. Ce qui change, c’est l’ampleur médiatique. Journalistes complices, influenceurs en mal de buzz, tous relaient ces tractations comme des scoops sportifs, alors qu’ils ne font qu’attirer les mouches vers le miel.
Souvenez-vous : il y a vingt ans, le Real madrid négociait le transfert de Lazhar Hadj Aïssa à la Castella. Le crack algérien est resté à Sétif. Même scénario pour Riyad Mahrez : malgré son talent, il a traîné deux saisons à Leicester avant de rejoindre Manchester City. Son départ ne s’est pas joué sur un terrain, mais dans des bureaux où l’on pèse les intérêts, les commissions, les dettes.
Le football mondial fonctionne ainsi : derrière chaque transfert, il y a du cash, des combines, des protections. Le talent n’est qu’un prétexte. Tant que les instances fermeront les yeux, les trafiquants d’âmes prospéreront sur le dos des gamins qui ne rêvent que de marquer un but.




