Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a annoncé la semaine dernière que son gouvernement enquêtait sur d’éventuels liens entre l’Inde et l’assassinat en juin d’un leader sikh canadien, Moninder Singh. Singh, porte-parole du Conseil des Gurdwaras de Colombie-Britannique, une coalition de temples sikhs, a déclaré que sa communauté travaillait depuis 40 ans pour mettre en lumière l’ingérence étrangère de l’Inde. Il a ressenti une validation non seulement parce que l’ingérence étrangère de l’Inde était reconnue, mais aussi parce que la mort de Nijjar n’était pas un simple problème local, mais qu’il y avait une main étrangère derrière. Cependant, il y avait aussi un sentiment de frustration au sein de la communauté, car il a fallu l’assassinat d’un leader sikh dans un gurdwara pour que cette reconnaissance se produise.
Nijjar a été abattu devant un temple sikh à Surrey, une ville située au sud-est de Vancouver, le 18 juin. Sa mort a immédiatement suscité des inquiétudes et de l’indignation au sein de la communauté locale, mais ce sont les accusations de Trudeau, prononcées à la Chambre des communes, qui ont déclenché une crise diplomatique entre le Canada et l’Inde. Le Premier ministre a déclaré le 18 septembre que toute implication d’un gouvernement étranger dans le meurtre d’un citoyen canadien sur le sol canadien était une violation inacceptable de notre souveraineté.
L’Inde a vivement nié les accusations du Canada, les qualifiant d'”absurdes” et motivées par des considérations politiques. Elle a également accusé le Canada de ne pas en faire assez pour endiguer l’activisme anti-indien et ce qu’elle qualifie d'”extrémisme sikh”. Ce différend met en évidence les tensions de longue date entre les deux pays concernant la campagne sikhe pour un État souverain dans la région du Pendjab en Inde, connue sous le nom de mouvement Khalistan, qui compte des partisans au Canada.
Il soulève également des questions sur l’avenir de leur relation, les deux pays ayant expulsé les diplomates de l’autre. L’Inde a également annoncé la suspension du traitement des visas pour les Canadiens. L’Inde rejette les allégations du Canada selon lesquelles des terroristes et des extrémistes khalistanais ont trouvé refuge au Canada et continuent de menacer la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Inde.



