Les Australiens voteront le 14 octobre lors d’un référendum visant à inscrire dans la constitution du pays un mécanisme permettant aux peuples autochtones de conseiller le parlement sur les politiques qui affectent leur vie. Les partisans affirment que l’intégration de ce qu’on appelle la “Voix au Parlement” dans la constitution reconnaîtrait la place spéciale des peuples autochtones dans l’histoire australienne tout en leur donnant un pouvoir de décision sur les politiques gouvernementales. Les opposants soutiennent que cela diviserait les Australiens le long de lignes raciales sans réduire les inégalités graves auxquelles sont confrontés les peuples autochtones.
Les peuples autochtones d’Australie comprennent les Aborigènes et les insulaires du détroit de Torres, qui ont des cultures distinctes. Les peuples autochtones vivaient en Australie depuis au moins 60 000 ans avant l’arrivée des Britanniques en 1788. Les colons ont établi une colonie sur une terre qu’ils ont déclarée “vide”, privant ainsi les peuples autochtones de leurs terres, tuant des milliers d’entre eux et les exposant à de nouvelles maladies mortelles.
Aujourd’hui, les peuples autochtones, qui représentent plus de 800 000 personnes, soit environ 3,8 % de la population en 2021, sont le groupe le plus défavorisé du pays. Leur espérance de vie est d’environ huit ans de moins que celle des Australiens non autochtones et ils sont confrontés à des taux disproportionnés de suicide, de violence domestique et d’emprisonnement. Un tiers des enfants autochtones ont été arrachés à leur famille entre 1910 et les années 1970 dans le but de les assimiler à la société blanche. Le gouvernement s’est excusé pour la soi-disant “Génération volée” en 2008.
Le jour du référendum, les adultes australiens devront répondre “oui” ou “non” à une seule question : “Une loi proposée : modifier la Constitution pour reconnaître les Premiers Peuples d’Australie en établissant une Voix aborigène et insulaire du détroit de Torres. Approuvez-vous cette modification proposée ?” Si la réponse est ”oui”, la constitution sera réécrite pour indiquer que la Voix “peut faire des représentations” auprès du Parlement et du gouvernement exécutif ”sur des questions relatives aux peuples aborigènes et insulaires du détroit de Torres”. Les partisans affirment qu’il n’y aurait pas de droit de veto autochtone sur les politiques gouvernementales et que les législateurs seraient libres d’ignorer les représentations de la Voix. Cependant, les opposants soutiennent que les tribunaux pourraient interpréter les pouvoirs constitutionnels de la Voix de manière imprévisible, créant ainsi une incertitude juridique. Les partisans affirment que la Voix inclurait des Australiens autochtones des huit États et territoires, des îles du détroit de Torres et des communautés éloignées et régionales. Les membres seraient choisis par les peuples autochtones locaux et serviraient pour une période déterminée. Des divisions sont apparues au sein de la communauté autochtone concernant le référendum, certains personnages importants affirmant que la Voix ne résoudrait guère les problèmes auxquels sont confrontés les peuples autochtones. Le Parlement aurait le “pouvoir de légiférer sur la composition, les fonctions, les pouvoirs et les procédures” de la Voix.




