“Manœuvre politique” : Les activistes et les experts rejettent la proposition de paix du SRS au Soudan.

« Manœuvre politique » : Les activistes et les experts rejettent la proposition de paix du SRS au Soudan.

Des activistes soudanais ont vivement critiqué une proposition​ de paix ​des Forces ‍de soutien ⁢rapide (RSF), une milice ‍paramilitaire ​accusée de commettre des atrocités dans tout le pays déchiré par la guerre.‍ Le chef des RSF, Mohamed Hamdan “Hemedti” ⁣Dagalo, a publié le plan en 10 points sur X, anciennement Twitter, tard⁤ dimanche.‌ Dans la⁢ proposition, Hemedti a ⁣appelé à la fédéralisme, à la justice sociale et à ⁢une armée‌ unifiée,⁤ alors même que son ⁢groupe ⁢est accusé d’enlever⁤ des résidents, de piller des maisons et de tuer des civils non armés dans la capitale, Khartoum. “Hemedti est la​ raison⁢ de cette guerre et de​ tant de meurtres, … ​alors comment peut-il proposer une solution détaillée alors‍ qu’il est le problème ?” ‍a demandé Zuhair al-Dalee, membre d’un comité de résistance de Khartoum, qui sont des groupes de quartier à l’avant-garde des secours locaux et de la demande⁣ de démocratie. “Il n’y aura ⁢ni paix⁣ ni démocratie venant d’un ‍gangster comme lui.” Les activistes et⁤ les analystes ⁤estiment ⁤que‌ l’initiative des RSF ridiculise le⁣ mouvement pro-démocratie du Soudan, qui réclame‌ un​ gouvernement‍ civil complet depuis la destitution ​de l’ancien président Omar al-Bashir en 2019. Les groupes de défense des droits de l’homme et les ​Nations Unies ont accusé les ⁢RSF, qui combattent l’armée soudanaise depuis avril, de torturer des civils, de ⁣commettre des exécutions extrajudiciaires​ et⁤ d’utiliser‍ le viol comme arme de guerre. L’armée a également été accusée par des ​organisations de défense des droits ⁢de⁢ l’homme d’arrêter ⁢des centaines d’activistes, de voler de l’aide et⁣ de tuer indiscriminément des civils. Elle nie les accusations. Les observateurs accusent les RSF d’utiliser maintenant‌ une proposition de paix libérale ⁣pour se ​présenter comme une partie indispensable de l’avenir du Soudan. “Personne en possession⁢ de ses facultés mentales ne pense ‍que⁣ cette proposition de paix est sincère. C’est ‌une ​manœuvre politique. C’est la guerre par d’autres moyens, et elle vise les acteurs et ‍les efforts de médiation possibles”, a déclaré Kholood Khair, expert soudanais et directeur fondateur ⁤du think tank⁣ Confluence Advisory.​ L’armée soudanaise‌ a refusé de⁤ négocier la⁤ fin de la guerre ⁤avec les RSF. L’armée les a⁢ qualifiés de milice rebelle et ⁢a promis de continuer à combattre ⁤le paramilitaire, qui contrôle la majeure partie de Khartoum ⁤et ‌la région ⁣occidentale ​du Darfour. “Nous ne faisons pas d’accords avec ‌les traîtres. Nous ne ⁣faisons pas ⁤d’accords avec ceux qui ont trahi le‍ peuple soudanais”, a déclaré le commandant‌ de l’armée Abdel Fattah al-Burhan ⁢lors d’un discours lundi dans une base de l’armée à Port-Soudan sur la mer Rouge. Le refus de l’armée‌ de s’engager dans des pourparlers de paix peut‌ aider les RSF à apparaître à certains observateurs comme plus raisonnables et ‍coopératifs en⁣ comparaison, selon Sharath‍ Srinivasan, co-directeur du Centre de gouvernance et‌ de droits‌ de l’homme de l’Université de Cambridge et ⁤expert‍ des échecs de la construction de la paix au Soudan. “Hemedti dit [avec cette proposition de paix] que nous sommes de véritables acteurs politiques et que nous ‍méritons‍ une place à la table des négociations pour ‍discuter de l’avenir politique du pays”, a​ déclaré Srinivasan à Al Jazeera. Bedour Zakaria, un observateur des droits de ⁤l’homme⁤ du Darfour occidental.

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