Les propositions de la RSF en faveur de la diversité ethnique interviennent alors que des rapports généralisés font état de nettoyage ethnique et de violences sexuelles au Darfour. Le chef des Forces de soutien rapide (RSF), Mohamed Hamdan “Hemedti” Dagalo, a proposé un plan pour une ”paix durable” au Soudan déchiré par la guerre, alors que son rival, le chef de l’armée, s’apprête à entreprendre un voyage régional. Le dimanche soir, Dagalo a publié un plan en 10 points du groupe paramilitaire RSF, proposant de nouvelles négociations pour mettre fin à une guerre qui a commencé mi-avril, une guerre que la RSF prétend “n’avoir ni cherchée, ni initiée”. “Les efforts visant à mettre fin à la crise prolongée doivent être orientés vers l’obtention d’un cessez-le-feu durable, associé à des solutions politiques globales qui s’attaquent aux causes profondes des guerres au Soudan”, indique sa déclaration. Dagalo a évoqué l’idée d’un “système fédéral non symétrique” qui représenterait la diversité régionale, culturelle et ethnique du Soudan après les élections pour former un gouvernement civil et mettre fin à la “violence structurelle” contre de larges segments de la population soudanaise. De manière cruciale, il a proposé une nouvelle armée soudanaise apolitique et unifiée, issue de la fusion des forces existantes, qui serait placée sous surveillance civile et conforme aux fondements internationalement reconnus. Cependant, les propositions du général, intitulées “Soudan Reborn” et semblant être en accord avec les appels internationaux à façonner l’avenir du pays, ne correspondent guère à la réalité sur le terrain alors que la guerre dévastatrice entre dans sa 20e semaine. D’une part, la guerre a éclaté entre la RSF et l’armée soudanaise peu de temps avant que la force paramilitaire ne soit censée être intégrée à l’armée, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, dans le cadre d’un plan visant à rétablir le pouvoir civil. Les deux généraux avaient organisé un coup d’État en 2021 qui avait évincé les politiciens civils du gouvernement, deux ans après s’être unis pour mettre fin au règne du commandant militaire Omar al-Bashir sur le Soudan. D’autre part, Dagalo et la RSF ont été documentés par les Nations Unies, des organisations de défense des droits de l’homme et des militants pour avoir commis des nettoyages ethniques ainsi que des violences sexuelles systémiques. Dans la région occidentale du Darfour, qui a été le théâtre d’une guerre génocidaire au début des années 2000 impliquant des forces qui ont ensuite évolué vers la RSF, il y a eu de nombreux rapports de meurtres de membres de la communauté africaine et de viols depuis le début de la guerre. La Cour pénale internationale a également déclaré qu’elle enquêtait sur de nouveaux crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour, alors que l’ONU a averti que la guerre “menace désormais de consumer tout le pays”. Plus de 4,6 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer depuis le début de la guerre, selon les chiffres de l’ONU, qui indiquent que plus d’un million ont fui vers des pays voisins, dont le Tchad et l’Égypte. Le chef de l’armée se rendra en Égypte et en Arabie saoudite.




