Le leader de facto du Soudan, le général Abdel Fattah al-Burhan, a admis que le conflit meurtrier dans le pays pourrait entraîner une catastrophe humanitaire plus large dans la région. La guerre entre son armée et les Forces de soutien rapide (RSF), son rival, a éclaté en avril dernier en raison de plans visant à intégrer ce groupe paramilitaire, quatre ans après la destitution du dirigeant de longue date Omar al-Bashir lors d’une révolte populaire. Les pourparlers de cessez-le-feu pour mettre fin au conflit n’ont pas réussi à tenir, les deux parties s’accusant mutuellement de violations. Cependant, al-Burhan a déclaré que les négociations à Jeddah, parrainées par les États-Unis et l’Arabie saoudite, pourraient encore réussir. S’exprimant à Al Jazeera à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, le chef militaire a exprimé son désir d’une résolution pacifique pour mettre fin aux combats qui ont tué des milliers de personnes et déplacé des millions de civils. Al Jazeera : Lors de votre discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, vous avez appelé à plusieurs reprises à ce que les Forces de soutien rapide soient déclarées une entité terroriste. À quel point cela est-il important pour résoudre la situation dans votre pays ? Abdel Fattah al-Burhan : Bien sûr, ce que les Forces de soutien rapide ont fait au peuple soudanais à maintes reprises les qualifie de terroristes et ils devraient être punis. Ce que ces gangs ont commis est en réalité un crime contre l’humanité. Et je crois que les classer comme une organisation terroriste limitera leur pouvoir et limitera la sympathie à leur égard. Al Jazeera : Vous avez également averti que ce conflit pourrait se propager au-delà des frontières et qu’il ne s’agit pas seulement d’une guerre localisée. Le danger est une énorme catastrophe humanitaire dans toute la région, pas seulement au Soudan. N’est-ce pas ? Al-Burhan : Ce conflit débordera dans les pays voisins et ne se limitera pas au Soudan. La majorité des combattants des RSF viennent des pays voisins. Oui, très certainement. Cela pourrait déborder dans d’autres pays et menacer la sécurité et la sûreté dans la région et dans le monde. Al Jazeera : Le chef des RSF, Mohamed Hamdan Dagalo, a publié un message disant qu’il est prêt à un cessez-le-feu et qu’il souhaite négocier. Croyez-vous qu’une négociation soit encore possible ? Al-Burhan : Ce n’est pas possible, pour être honnête. C’est lui qui a continué à combattre à el-Geneina, dans d’autres villes et près du quartier général de notre armée. C’est pourquoi à Jeddah, lorsque nous avons trouvé un certain accord, il ne s’est pas engagé à respecter ces accords. Al Jazeera : Le représentant spécial de l’ONU au Soudan, Volker Perthes, qui a récemment démissionné, a déclaré que la responsabilité du conflit incombe aux deux parties. Il a accusé vos forces d’utiliser des avions pour bombarder des civils. Il a accusé les RSF d’agressions sexuelles sur des civils. Pensez-vous que c’est aussi simple, que la responsabilité incombe aux deux parties ? Al-Burhan : Eh bien, les forces militaires ont la responsabilité constitutionnelle de protéger le pays.




