La Coupe du Monde de Rugby 2023, qui se déroule actuellement en France, met une fois de plus en évidence l’écart entre les nations de rugby les plus puissantes et les plus faibles, soulignant ainsi la nécessité d’un effort concerté pour aider les nations émergentes à progresser, en particulier en Afrique.
Les inégalités flagrantes du rugby ont été mises en évidence par le coach chilien Pablo Lemoine, quelques jours après la défaite écrasante de son équipe face à l’Angleterre (71-0). Dans une interview accordée au quotidien sportif français L’Equipe, Lemoine a souligné le fossé entre les grandes nations du rugby et les petites nations en retard, qu’il a décrit comme une disparité entre “les clowns d’un côté et les grands propriétaires terriens de l’autre”. Malgré les performances courageuses des petites équipes, Lemoine déplore le manque de changement en coulisses.
Les remarques de Lemoine ont été soutenues par Agustin Pichot, ancien vice-président de World Rugby, l’instance dirigeante du rugby. Pichot, qui a joué avec Lemoine au club parisien Stade Français, a déclaré sur les réseaux sociaux que son ancien coéquipier avait raison de se plaindre de l’exclusion des “clowns” du rugby de l’élite du sport. Ce commentaire a été largement interprété comme une critique envers l’instance dirigeante du rugby, dont Pichot a démissionné en 2020 après avoir échoué dans sa tentative d’obtenir le poste de président et de mettre en place des réformes majeures.
Lemoine a souligné que la qualification historique de son équipe pour la Coupe du Monde était en grande partie due à la création d’une ligue professionnelle de rugby en Amérique du Sud, avec le soutien de World Rugby. Cependant, il a souligné que pour que cela soit efficace, un soutien financier durable sur plusieurs années était nécessaire.
Il a cité l’exemple de l’Uruguay, dont il a fait partie de l’équipe, et dont la performance combative contre les hôtes français lors de leur match de groupe le 14 septembre a été largement saluée. Lemoine a souligné que malgré la présence de certaines petites nations lors de la Coupe du Monde de 1999, comme la Roumanie, la Namibie, Samoa et Tonga, ces équipes n’ont pas progressé depuis et ont même régressé.
L’Uruguay, qui disputera son dernier match de la Coupe du Monde contre la Nouvelle-Zélande jeudi, quittera le tournoi avec une seule victoire contre la Namibie, une performance moins prestigieuse que celle de l’équipe fidjienne qu’ils ont battue il y a quatre ans lors de la Coupe du Monde au Japon.




