Sophie in’t Veld, une politicienne néerlandaise de 60 ans, est membre du Parlement européen depuis environ 20 ans et fait partie du groupe Renew Europe, orienté vers le libéralisme, le marché libre et les libertés civiles. En tant que rapporteur d’une commission d’enquête, elle s’est récemment plongée pendant plus d’un an dans le monde obscur de l’industrie de la surveillance.
Dans une interview avec DER SPIEGEL, Sophie in’t Veld a partagé ses conclusions sur l’industrie de l’espionnage et l’utilisation abusive de la technologie de surveillance. Elle a souligné que notre démocratie, l’état de droit et nos droits fondamentaux sont en grand danger, constituant un véritable problème européen.
Elle a également souligné que la vente et l’utilisation des outils de surveillance numérique ne sont guère contrôlées en Europe, du moins pas de manière indépendante. Les gouvernements et les entreprises disposent d’un pouvoir excessif pour nous espionner, ce qui est très inquiétant.
Sophie in’t Veld a également souligné que dans certains pays européens, ces techniques de surveillance très intrusives sont utilisées même lorsque les personnes se sentent menacées. Par exemple, en Grèce, si vous êtes journaliste et que vous dénoncez la corruption, cela est considéré comme une menace pour la sécurité nationale. En Pologne ou en Hongrie, la sécurité nationale est considérée comme compromise si un politicien de l’opposition critique le gouvernement. Sous ce prétexte, les gouvernements ou les particuliers peuvent simplement espionner si ils disposent des outils appropriés.
Elle a également souligné que le public est souvent dans l’ignorance de l’utilisation de ces outils de surveillance, car les gouvernements refusent souvent de fournir des informations en invoquant la sécurité nationale. De plus, dans certains pays, comme la Pologne, le pouvoir judiciaire n’est pas indépendant et les autorisations judiciaires ne signifient rien. Il est donc erroné de croire qu’il y a un contrôle efficace de ces outils en Europe.
En conclusion, Sophie in’t Veld a souligné que l’Allemagne est l’un des pays les plus prudents dans l’utilisation de ces outils de surveillance. Cependant, même le gouvernement allemand refuse de répondre aux questions sur l’utilisation de l’outil d’espionnage “Predator”, affirmant que cela pourrait compromettre le “bien-être de l’État”.




