La musique trance peut parfois sembler presque onirique, comme si elle venait d’un autre monde. À d’autres moments, elle est pleine d’énergie avec beaucoup de rythme. Un voyage électronique qui peut vous emporter, disent ceux qui l’apprécient. Cela peut presque ressembler à un trip sous drogue. Certains de ceux qui sont venus à ce festival du désert font partie de la communauté “Nova” et sont venus en Israël du Brésil, du Mexique – du monde entier. Le festival s’appelle Universo Paralello. Univers parallèle.
Lile Tergiashvili est là, impatiente de danser jusqu’au lever du soleil avec son petit ami. Peleg Orev travaille comme barman. Shani Louk avec ses dreadlocks. Gal Raz, qui est ravi de danser avec ses amis.
Le lever du soleil sera le point culminant, et de nombreux festivaliers arrivent au milieu de la nuit pour ne pas le manquer. Le lever du soleil est le moment où les couleurs de la nuit cèdent lentement la place au jour, devenant progressivement plus prononcées. C’est ce moment de la journée où la lumière est incroyablement douce, un moment que les photographes appellent l’heure dorée.
Le 7 octobre, le soleil se lèvera à 6h39.
À 6h35, la musique s’arrête.
Des jours plus tard, les preuves de ce qui s’est passé sont encore éparpillées partout. Des tentes déchirées, des bouteilles d’eau et d’alcool qui traînent partout, ainsi que des bâtons lumineux et du maquillage. Une petite voiture pleine de sang et de mouches. Une moto avec un autocollant de Gaza. Les enquêteurs sont ici, et les sacs mortuaires aussi. Les morts, les blessés et les kidnappés n’ont toujours pas été comptabilisés de manière concluante, mais on estime que 260 personnes ont été tuées, peut-être plus. Les meurtriers, des combattants du Hamas de la bande de Gaza, sont arrivés avec des quads, des parapentes et des pickups, tout comme ceux qui sont encore garés ici sur la route rurale menant au kibboutz. Des Toyota blanches, les affaires des terroristes encore dans la benne : des bottes militaires, des tongs en plastique, des cigarettes arabes, des biscuits à la vanille de Turquie. Les corps de certains des assaillants sont encore étendus dans le champ. Les mouches bourdonnent et l’odeur de la décomposition est dans l’air.
Après le massacre : des débris sur le site du festival Universo Paralello jeudi dernier.
Voitures brûlées sur le bord de la route près du site du festival.
À trente-cinq kilomètres de là.



