Inquiétude des Juifs français face à l’antisémitisme

Inquiétude des Juifs français face à l’antisémitisme

Dans l’immeuble où réside Yonathan Arfi, au cœur de Paris, un policier à l’allure imposante et aux yeux perçants se tient devant les ascenseurs, faisant de son mieux pour passer inaperçu. Il est le garde du corps chargé d’assurer la protection d’Arfi, président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF). Arfi est depuis longtemps considéré comme étant en danger, mais la situation sécuritaire est devenue encore plus sensible suite à l’attaque terroriste du Hamas en Israël le 7 octobre.

Quelques étages plus haut, on trouve un Arfi fatigué, âgé de 43 ans, en train de boire une tasse de café à un grand comptoir en marbre de sa cuisine. Jusqu’à il y a une minute, il tenait dans ses bras un enfant de trois ans qui refusait de se brosser les dents. Maintenant, sa femme Arielle nourrit leur bébé de 11 mois, pendant que les trois enfants plus âgés jouent à proximité. Le parquet du salon est recouvert de briques Lego bleues, rouges et jaunes. C’est samedi matin, un jour avant la grande marche contre l’antisémitisme à Paris – une manifestation appelée par les dirigeants des deux chambres du Parlement français ainsi que par le CRIF.

Ce matin-là, Yonathan Arfi est principalement préoccupé par deux choses. Tout d’abord, une amie française vient de lui dire au téléphone qu’elle a demandé à ses enfants de retirer leurs colliers en forme d’étoile de David de peur qu’ils ne soient reconnus comme juifs et attaqués. Elle leur a dit qu’elle allait emmener les colliers chez le bijoutier pour les faire nettoyer. Deuxièmement, Arfi a appris la veille au soir que le président français Emmanuel Macron ne participerait pas à la marche du dimanche. Macron a justifié son absence en disant que le rôle d’un président n’était pas de défiler, mais d’agir. Arfi regrette cette décision. “Je pense qu’il passe à côté d’un moment historique. Cela aurait été un geste grandiose : un président descendant dans la rue pour défendre quelque chose.”

Le véritable danger est que le judaïsme n’ait plus sa place dans la vie publique si nous cachons tous toute trace de notre identité juive”, déclare Yonathan Arfi, président du CRIF. Le président François Mitterrand l’a fait en 1990 lorsque des profanateurs ont profané le cimetière juif de la ville française de Carpentras. Et le président François Hollande a conduit une marche silencieuse avec des dirigeants internationaux à travers Paris en janvier 2015, suite à l’attaque contre les locaux de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Mais Arfi semble plus préoccupé par l’appel téléphonique de son amie au sujet des colliers en étoile de David.

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