Qu’adviendra-t-il des otages pris par le Hamas ? Gerhard Conrad, ancien haut responsable des services de renseignement allemands, qui a contribué à la négociation de la libération du soldat israélien Gilad Shalit en 2011, affirme que les perspectives à court terme sont loin d’être positives.
Dans une interview accordée à Klaus Wiegrefe, Conrad explique que le Hamas s’intéresse principalement aux soldats israéliens parmi les otages. Lorsque le Hamas a libéré Gilad Shalit en 2011, Israël a dû libérer 1 027 Palestiniens emprisonnés en échange. C’est la mesure utilisée.
Conrad précise qu’il a aidé les deux parties à trouver un compromis lors de la libération de Shalit. À l’époque, Israël était prêt à payer un prix élevé pour la vie de leur soldat.
En ce qui concerne le sort des otages actuels, Conrad estime qu’une solution négociée rapidement serait certainement miraculeuse, compte tenu des expériences passées.
Il explique que le Hamas cherchera d’abord à savoir qui sont leurs otages et combien d’entre eux sont des soldats. Le gouvernement israélien a lancé une contre-offensive et voudra démontrer des succès militaires significatifs pour reprendre le dessus. Par conséquent, il aura initialement peu d’intérêt pour les négociations. Cependant, après un certain temps, l’analyse coûts-avantages pour les politiciens israéliens changera.
Conrad souligne que des scénarios terribles sont envisageables, tels que l’utilisation des otages comme boucliers humains par le Hamas ou la présentation de quelques otages morts, tels que des enfants ou des femmes, affirmant qu’ils ont été tués lors d’attaques israéliennes. Personne ne pourra prouver le contraire et le gouvernement israélien pourrait être sous pression. Quoi qu’il en soit, les négociations seront extrêmement sensibles.
En ce qui concerne la protection des otages détenant une double nationalité, Conrad affirme que cela reste à voir. Si le Hamas estime qu’il peut en tirer un avantage pendant les négociations en raison de la nationalité étrangère de certains otages, il essaiera certainement de l’exploiter. Cependant, la nationalité n’est pas la considération principale. Malheureusement, les otages et leurs familles risquent de souffrir pendant une période prolongée.
Pour Israël, la situation est très préoccupante et les perspectives à court terme sont sombres. Il est essentiel de trouver une solution pacifique et de protéger la vie des otages.



