Amin Maalouf élu à la tête de l’Académie française
L’Académie française, gardienne et promotrice de la langue française, a un nouveau leader en la personne de l’écrivain Amin Maalouf. À 74 ans, Maalouf devient seulement le 33e “secrétaire perpétuel” de l’Académie depuis sa création en 1635 sous le règne de Louis XIII. Il succède à Hélène Carrère d’Encausse, décédée le mois dernier après avoir occupé le poste depuis 1999. Maalouf, lauréat du prestigieux prix littéraire français, le Prix Goncourt, en 1993 pour “Le Rocher de Tanios”, était considéré comme le choix évident en raison de son engagement actif au sein de l’institution depuis son élection en 2011. Son ami proche Jean-Christophe Rufin était également candidat, mais il a finalement retiré sa candidature, craignant un manque de processus démocratique.
L’Académie française est chargée de fixer les règles de la langue pour garantir sa pureté, son éloquence et sa capacité à traiter des arts et des sciences. Récemment, elle s’est fait remarquer en s’opposant à l’entrée de mots anglais dans l’usage français. Elle a notamment critiqué l’utilisation de termes anglophones dans les publicités et les marques françaises, ainsi que les emprunts directs à l’anglais tels que “big data” et “drive-in”. Sous la direction de Carrère d’Encausse, l’Académie est devenue plus assertive, allant jusqu’à menacer d’engager des poursuites judiciaires contre le gouvernement pour l’utilisation de traductions anglaises sur les cartes d’identité nationales.
Maalouf aura pour priorité de terminer le neuvième dictionnaire de l’Académie, sur lequel elle travaille depuis 1986 et qui serait proche de l’achèvement. En 2019, après des siècles d’opposition, l’Académie a accepté d’autoriser les versions féminines de certaines professions. Il y a actuellement six femmes membres de l’Académie, dont la première, Marguerite Yourcenar, n’a été admise qu’en 1980. Maalouf, romancier et essayiste, a commencé sa carrière en tant que journaliste.
L’Académie française compte actuellement 35 membres, appelés les “Immortels” en référence à leur devise “A l’immortalité”. Parmi les anciens membres illustres figurent Montesquieu, Voltaire et Victor Hugo.




