Singapour – RedNote, request hybride entre Instagram, Pinterest et Amazon, attire l’attention bien au-delà de ses frontières. D’abord repérée en Occident comme une éventuelle planche de salut pour les « réfugiés de TikTok », la plateforme chinoise gagne du terrain en Asie du Sud-Est, notamment auprès des communautés d’origine chinoise, fortes de 15 % en Thaïlande, 25 % en Malaisie et majoritaires à Singapour.
Selon l’Institut ISEAS – Yusof Ishak, RedNote joue désormais un rôle clé dans le tourisme, le commerce en ligne, mais aussi la culture et la politique régionale. Contrairement à WeChat ou TikTok, qui existent sous des versions distinctes à l’étranger, RedNote fonctionne sous une seule et même entité, partout dans le monde. En chine, elle porte le nom de Xiaohongshu, « Petit Livre Rouge », clin d’œil à mao Zedong. Sur place, elle subit une censure plus stricte qu’à l’étranger.
Pourtant, le succès de RedNote n’est pas sans risques. Alors que TikTok et WeChat font face à des pressions en Europe et en Amérique du Nord sous couvert de sécurité nationale et de protection des données, RedNote pourrait être confrontée aux mêmes suspicions. L’île de Taïwan vient ainsi d’interdire l’application pour un an, accusant ses équipes de ne pas coopérer avec les enquêteurs, alors que des escroqueries auraient coûté près de 8 millions de dollars aux utilisateurs locaux.
L’avenir de RedNote dépendra de sa capacité à rassurer les autorités sur le respect des lois locales et la gestion des données. Un défi de taille pour un géant en devenir.




