Le président syrien Bachar al-Assad a entamé jeudi (21 septembre) son premier voyage officiel en Chine depuis près de deux décennies, selon les médias d’État. Il demandera à cet allié de longue date un soutien financier pour aider à reconstruire son pays dévasté. La Chine devient ainsi l’un des rares pays en dehors du Moyen-Orient que Assad a visités depuis le début de la guerre en 2011, qui a déjà fait plus d’un demi-million de morts, déplacé des millions de personnes et détruit les infrastructures et l’industrie de la Syrie. Assad devient également le dernier d’une série de dirigeants ostracisés par l’Occident à être accueilli à Pékin, après le leader vénézuélien Nicolas Maduro, le président iranien Ebrahim Raisi et des hauts responsables russes. Il est arrivé jeudi dans la ville orientale de Hangzhou, où il assistera à la cérémonie d’ouverture des Jeux asiatiques samedi. L’avion d’Air China transportant le président syrien a été accueilli sur le tarmac par une musique jubilatoire et des rangées de danseurs vêtus de costumes colorés, tandis que les drapeaux chinois et syrien flottaient dans le ciel, selon les images diffusées par la télévision d’État CCTV. Selon la présidence syrienne, il se rendra également à Pékin. Cette visite sera la première d’Assad en Chine depuis 2004. Pékin soutient depuis longtemps Damas sur le plan diplomatique, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies dont il est membre permanent. Des responsables des deux pays se sont également rendus visite au fil des ans. “Cette visite représente une rupture importante dans l’isolement diplomatique et le siège politique imposés à la Syrie”, a déclaré Oussama Dannoura, politologue basé à Damas, à l’AFP. “La Chine brise les tabous occidentaux qui cherchent à empêcher un certain nombre d’États de traiter avec des pays que Washington considère comme isolés”, a-t-il ajouté. La visite intervient alors que la Chine renforce son engagement au Moyen-Orient. Plus tôt cette année, Pékin a facilité un accord entre l’Arabie saoudite et l’Iran, rivaux régionaux de longue date, pour rétablir leurs liens et rouvrir leurs ambassades respectives. Ce rapprochement a été suivi par le retour de la Syrie dans le giron arabe lors d’un sommet en Arabie saoudite en mai, mettant fin à plus d’une décennie d’isolement régional de Damas. En 2019, le diplomate de haut rang Wang Yi avait déclaré au ministre syrien des Affaires étrangères de l’époque, Walid Muallem, que la Chine “soutient fermement la reconstruction économique de la Syrie” et ses efforts pour “combattre le terrorisme”. La guerre en Syrie a commencé après que la répression par Assad de manifestations pacifiques en faveur de la démocratie ait dégénéré en un conflit meurtrier impliquant des puissances étrangères et des militants. Le régime d’Assad qualifie tous les opposants, des militants non violents aux rebelles armés, de “terroristes”.




